L’IA ou la fascination du mal

Melissa Carles

Arrêtez de confier votre avenir à une machine
! Le vrai pouvoir, c’est de rester humain dans un monde qui croit aux raccourcis.

Dernièrement, je vois qu’on se réjouit avec excitation de la publication de prompts ! Ou de la « relation » incroyable que crée l’IA en termes d’intention ou d’impact
émotionnel … Là, je crois qu’on est tombé sur la tête…

D’un côté, c’est le royaume du vide, la confiscation de la réflexion. Il n’y a aucune construction intellectuelle. Du copier-coller à la recette toute faite. La promesse de résultat sans effort.

De l’autre, c’est le royaume de la misère, la confiscation du lien.
C’est la fascination du mal : vide de contenu, vide intellectuel, fainéantise, copiage, usurpation, facilité… La paresse, l’appât du gain, la fatuité dans toute sa splendeur.

C’est le contraire du génie, de la curiosité, de l’imagination et du lien. C’est-à-dire
de ce qui permet l’évolution.

Et pourtant, c’est là que beaucoup se perdent avec les prompts et les IA.


Chez les candidats en recherche de job, cette fascination des prompts conduits à
renforcer des dérives habituelles qui en deviennent inquiétantes :

1. La solitude, l’isolement – On se retrouve seul devant son écran, à chercher la
formule magique, à attendre une réponse toute faite, sans jamais oser demander, échanger, confronter ses idées.

2. Occuper son temps pour repousser les rencontres – On passe des heures à
peaufiner des prompts, à tester des outils, à éviter l’essentiel : rencontrer des humains, créer du lien, se confronter au réel.

3. Dériver, perdre le fil de son projet – On croit devoir se sur adapter, plaire à tout le
monde, répondre à toutes les attentes du soi-disant marché comme si c’était une entité palpable… et on finit par ne plus savoir ce qu’on veut vraiment.

4. Se bloquer, se créer des montagnes – À force de chercher la perfection, on
invente des prétextes, des excuses, on se paralyse… et on ne bouge plus.

Croyez-vous vraiment qu’un CV généré par IA ou une lettre de motivation «
optimisée » va ouvrir toutes les portes… Sans réseau, sans compréhension de

votre marché, sans une adaptation réelle, qui passe par des efforts intellectuels et d’actions concrètes on reste invisible.

L’outil ne remplace pas la stratégie de recherche. Et pour réussir il faut une stratégie.


Croyez-vous
vraiment que le « CV washing » qui consiste à gonfler ses compétences avec des mots-clés trouvés sur LinkedIn, utiliser des Template génériques, ou mentir sur ses expériences… ne conduit, en entretien, à se rendre
compte qu’on ne sait pas expliquer ce qu’on a vraiment fait. La supercherie se voit toujours.

Croyez-vous vraiment que passer des heures à peaufiner des prompts, à envoyer
des candidatures en ligne… sans jamais parler à un humain marchera ? Non ! La réalité du marché est là : 80 % des emplois se trouvent toujours par le réseau, pas par les algorithmes. On n’est pas sur ParcourSup.

Croyez-vous vraiment à l’obsession de la productivité, sans résultat
d’ailleurs ?

C’est pourtant que ce fait celui qui y croit quand il passe des jours à « optimiser »
son profil LinkedIn ou son CV avec l’IA… mais qui ne postule jamais, par peur de ne pas être « parfait », prêt. La quête de la candidature idéale devient une excuse pour ne pas agir et agite les doutes, les peurs et paralyse

Croyez-vous vraiment qu’un prompt va vous trouver un emploi… alors que la vraie
valeur, c’est sa capacité à raconter son parcours, à créer du lien, à montrer sa
motivation. L’IA ne trouve pas d’emploi. Elle peut aider à rédiger… mais c’est à vous de convaincre.

Vous voulez des preuves
? Et un peu de recul ?


Mais ce n’est pas tout. L’ère du «eïlle aïl washing » est là : des entreprises surfent
sur la vague de l’IA en promettant des miracles, mais 95 % des projets d’IA générative en entreprise n’apportent aucun retour sur investissement selon le MIT en 2025. Des milliards de dollars engloutis, des promesses non tenues, des outils qui ne transforment rien, sinon l’illusion en désillusion.


Neil Sahota, expert IBM et conseiller de l’ONU
, dénonce ces « tactiques de
marketing fallacieuses » : « L’IA washing, c’est comme le greenwashing. On vend du rêve, pas de la réalité. » La FTC Federal Trade Commission, institution en
charge de protéger les consommateurs aux États-Unis a lancé en 2024 l’opération « eïlle aïl Comply » pour traquer les entreprises qui mentent sur les capacités de leurs outils.


Résultat : des amendes, des interdictions, et une question qui s’impose : où est la responsabilité quand l’IA ne tient pas ses promesses ?


Quand tous les prompts de la terre auront disparu, que restera-t-il des êtres
humains ? Des ombres derrière des écrans, des CV standardisés, des discours sans âme, des vies professionnelles sans relief ?
Il est grand temps de se ressaisir. De revenir à ce qui fait la richesse : les échanges, la créativité, l’imagination, le lien.

 

Au secours, Obi-Wan Kenobi ! Le dernier tenant connu du bon côté de la force.


Celui qui écoute avec attention, celui qui agit avec sagesse, celui qui fait preuve
d’humanité.

Et si on arrêtait de chercher des raccourcis ? Et si on se remettait à penser, à créer,
à vivre ?
A être dans le bon état d’esprit ?

Car en 2026, l’IA entre dans l’ère de la rigueur. Les experts de Stanford le disent : «
La question n’est plus “L’IA peut-elle faire ça ?” mais “À quel coût, pour qui, et avec quel degré d’excellence ?” Le jugement est en marche.

A bientôt
!

Guillaume Bèque, fondateur de job&mobilité et Conseil en orientation de carrière.

 

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